Echos confidentiels
Echos confidentiels

Qui est Dominique Folloroux OUATTARA, la véritable Présidente de Côte d’Ivoire ? (2ème partie)

Partie de rien, Dominique Folloroux OUATTARA l’actuelle Première Dame de Côte d’Ivoire est celle qui dirige véritablement le pays. Derrière le masque d’un visage candide, se cache une redoutable prédatrice doublée d’une manipulatrice hors pair. C’est elle qui a le contrôle total du pouvoir exécutif Ivoirien et rien ne se fait sans son consentement. Cette blonde arriviste, a bâti son empire financier et politique, grâce à son charme et son ambition démesurée. Ne reculant devant aucun obstacle, pour atteindre le but qu’elle s’est fixée. Autoritaire à souhait, ses désirs sont des ordres et  personne au palais Présidentiel n’ose actuellement s’opposer à elle. Même son beau frère, le puissant Téné Birahima OUATTARA, frère cadet du Chef de Etat Ivoirien Alassane OUATTARA n’a pas échappé à son courroux, lorsque ce dernier a accusé un retard dans le décaissement du budget de fonctionnement du cabinet de la Première Dame.

Nous avons décidé de naviguer dans le passé de Dominique Folloroux OUATTARA, l’ogre insatiable qui a fait  main basse sur la Côte d’Ivoire.

2eme partie :  Une promotion fulgurante

Bamba Vamoussa a aussi, et surtout, un oncle brillant, Abdoulaye Fadiga, gouverneur de la BCEAO. Elle se rapproche très fortement de lui. Il vient de racheter à un Français une agence immobilière locale, l’AICI. Il lui en confie la gestion. L’AICI deviendra le vecteur de développement des affaires de Dominique Nouvian Folloroux[1]. Auparavant, elle a travaillé quelque temps comme secrétaire à l’ambassade du Canada et fréquente épisodiquement un garçon haut en couleurs, bien connu de la vie nocturne abidjanaise et manipulateur de haut vol, Paki Bocoum. C’est lui qui a l’idée de la présenter au président Houphouët-Boigny. À l’origine, pour Paki, ce n’est qu’une énième façon de soutirer un peu d’argent au Vieux. Son plan est simple. Il va demander audience au Président, se fera accompagner par Dominique, parée de ses plus beaux atours. Il a déjà prévu de laisser l’entretien se poursuivre en tête-à-tête, lui se retirant sous un prétexte quelconque. Il est sûr de son fait : le Vieux sera séduit et offrira une enveloppe à Dominique, qu’ils n’auront plus qu’à se partager ensuite. Le scénario se déroule normalement si bien que, désormais, la jeune femme a ses entrées au palais présidentiel. Et la chance continue à veiller sur celle dont le Président, subjugué, dira, très vite, dans son entourage, « elle a du chien ».

Houphouët se plaint régulièrement auprès de ses proches de la gestion de ses biens immobiliers par ceux qu’il a mandaté pour le faire. Parrainée par Bocoum et le docteur Berrah, Dominique Folloroux obtient ce marché pour sa société AICI. Durant toute cette période, il semble que ses motivations soient essentiellement financières. C’est au cours de l’un de ses déplacements à Dakar, où son ami gouverneur réside, que sa vie va basculer. Nous sommes en 1984 et l’un des deux vice-gouverneurs, poste dévolu par accord tacite à un voltaïque, est assuré par Alassane Ouattara. Ce sera la rencontre de l’immeuble de Ndiouga Kébé. Ouattara est divorcé de sa première épouse, qu’il a connue aux États-Unis, Barbara Jean Davis, dont il a eu deux enfants. Cependant les choses ne vont pas se mettre en place tout de suite. Alassane Ouattara repart au FMI où il a exercé quinze ans auparavant, avant de revenir à la tête de la BCEAO en octobre 1988, à la mort d’Abdoulaye Fadiga et veuve Folloroux n’est pas étrangère à cette promotion.

Une relation fructueuse

Pendant ce temps, Dominique Folloroux « ne dort pas » comme l’on dit à Abidjan. Sa relation avec le Président est, pour le moins, fructueuse. Ainsi, entre le 16 septembre 1986 et le 9 janvier 1989, soit environ vingt-huit mois, elle reçoit, en plusieurs virements sur ses comptes bancaires à la Société Générale de Sanary puis Monaco, ainsi que sur son compte à la Société de banque suisse (SBS) à Genève, l’équivalent de plus de 24 millions de francs français. Les fonds proviennent d’un compte du Vieux à l’Union des banques suisses (UBS) également ouvert à Genève. Si ce sont ses honoraires de gestion du patrimoine immobilier du Président, pourquoi sont-ils versés sur un compte personnel ? Toutes les hypothèses sont permises. Curiosité supplémentaire, au cours de cette période, le 6 janvier 1987, un virement du même compte UBS est effectué sur un compte du Crédit Agricole de la Loire, agence de Bourg-Argental, pour un montant de 2,4 millions de francs français, au profit du docteur… Patrick Nouvian, l’un des frères de Dominique ! L’esprit de famille, sans doute.

La bonne fortune de Dominique Nouvian, veuve Folloroux, ne semble pas avoir de limites. Le 17 juin 1988 elle se porte acquéreuse d’un appartement situé 140, avenue Victor-Hugo, au cœur du XVIe arrondissement de Paris. L’heureuse bénéficiaire, qui se déclare à l’acte « sans profession » achète ce bien, pour une valeur de 8,6 millions de francs français, le financement étant « entièrement et définitivement réalisé au moyen de fonds propres » tel que cela est mentionné à l’acte de vente. Ce même acte de vente, reçu chez maître Jean-Michel Normand, l’un des notaires du Vieux à Paris, recèle un détail loin d’être anodin. L’acheteuse, non présente à la vente, est représentée par un certain Robert Dal Sasso, architecte de son état. Or ce dernier est l’architecte d’intérieur attitré d’Houphouët-Boigny qu’on retrouve aujourd’hui encore architecte des Ouattara, à Abidjan où il a refait la décoration du palais, et à Paris où il s’occupe de la rénovation de l’hôtel particulier de la rue Masseran, que le défunt président a acquis du baron de Rothschild. Ce détail autorise à s’interroger sur l’origine des fonds qui ont servi à cette acquisition.

Une autre curiosité dans la gestion du patrimoine immobilier de Dominique Nouvian. Désormais mariée à Alassane Ouattara dans les conditions sur lesquelles nous reviendrons, elle se porte acquéreuse, le 28 septembre 1995, d’une propriété sise à Mougins, sur la Côte d’Azur, pour un montant de 6,5 millions de francs français (soit 990 918 €). Ce bien lui appartient en propre, étant mariée sous le régime de la séparation de biens. Cependant, le 21 juillet 2005, chez maître Jean-Michel Normand, elle cède « la moitié indivise de la propriété » à… Alassane Ouattara, ce qui génère une situation cocasse, comme l’illustre le paragraphe « Propriété Jouissance » de l’acte de vente :

« L’acquéreur (Ouattara) est propriétaire du bien vendu à compter de ce jour. Il en a la jouissance à compter du même jour par la prise de possession réelle, le bien vendu étant libre de location ou occupation, ainsi que le vendeur [D.Nouvian] le déclare et que l’acquéreur a pu le constater en le visitant, étant précisé que lesdits biens sont occupés par monsieur et madame Ouattara »…

Le prix de cette vente singulière est fixé à 610 000 €.

Cette vente si particulière s’est vu opposer, à l’époque, un refus d’inscription hypothécaire de la part de l’administration fiscale française au motif qu’elle comportait une irrégularité quant au régime des plus-values des non-résidents, tel que cela ressort de la notification de refus adressée au notaire par la direction des impôts de Juan-les-Pins le 26 septembre 2005.

Cet épisode pose deux questions : pourquoi, dès le premier achat, en 1995, les deux époux n’ont-ils pas acheté en « indivis » ce bien ? Et pourquoi ont-ils essayé de faire marche arrière dans des conditions qui ont provoqué cette réaction négative de l’administration française ?

Mais reprenons le fil de l’ascension irrésistible de Dominique Nouvian dans le microcosme politique ivoirien. L’entourage du Président commence à s’émouvoir de la place grandissante qu’elle occupe auprès de lui. Ceux, courageux mais peu nombreux, qui tentent de s’en expliquer avec lui sont vertement tancés par Houphouët-Boigny qui, là moins qu’ailleurs, n’admet pas la discussion. Bientôt, Dominique Follouroux va lancer sa première grande manœuvre.

Le coup de maître

Houphouët-Boigny fait face à la crise qui va le conduire aux décisions du printemps 1990[2]. Au cœur de la décennie 1980, il a tenté de maitriser le marché du cacao. Il constatait, alors, une chute inexorable des cours du cacao au détriment des planteurs ivoiriens pendant que le prix du chocolat augmentait dans les magasins occidentaux. « Où passe la différence » s’écriait-il ? Cet épisode connu sous le terme de Guerre du cacao s’achève au bénéfice des maisons de négoce, Sucres & Denrées et Phibro[3] notamment. La Côte d’Ivoire voit son économie s’enfoncer dans la crise et les institutions internationales lui imposent de prendre des mesurer drastiques dans le cadre d’un plan de stabilisation. Après l’échec du plan Koumoué[4], il cherche un expert économique de poids. Sollicité, Prosper Koffi Kouassi refuse. Dominique Folloroux saute sur l’occasion et glisse à l’oreille du Président le nom d’Alassane Ouattara. Houphouët-Boigny sait mieux que quiconque l’origine et le parcours de celui qu’il a placé à la tête de la BCEAO, malgré l’incompatibilité de sa nationalité. En effet, la tradition, non écrite, réserve ce poste à un Ivoirien. Lui, qui a si souvent placé des non-nationaux dans son propre gouvernement, se moque de cet obstacle comme d’une guigne tant que la décision vient de lui. Les proches du Président voient pourtant d’un très mauvais œil cet « étranger » qui viendrait s’immiscer dans l’après-Houphouët. C’est là que Dominique Folloroux trouve l’argument décisif. Alassane Ouattara est un étranger, tant mieux, c’est une aubaine : il ne s’occupera que de son travail d’expert économique pour relever le pays étant, naturellement, exclu de la bataille de succession. L’argument fait mouche et Ouattara est adoubé par le Vieux qui, à cet instant, ignore, ou feint d’ignorer, les rapports très personnels que sa conseillère en immobilier entretient avec son nouveau poulain.

Dans un entretien qu’il donne à la revue Marchés Tropicaux le 5 janvier 2001, Christian Dutheil de la Rochère, l’ancien ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, qui a succédé à Michel Dupuch après la bataille de succession, à la mort d’Houphouët-Boigny, déclare :

« Les raisons de ce choix furent multiples, la compétence de ce dernier se doublant d’une vraisemblable intrigue de sérail […]. Sa nomination tenant aussi au fait que sa nationalité, élément qui indifférait à Félix Houphouët-Boigny, ne lui permettait pas d’intervenir dans la succession organisée par l’article 11 de la Constitution qui désignait le président de l’Assemblée nationale. »

Dutheil de la Rochère, qui est resté cinq ans en Côte d’Ivoire et a connu l’immédiat après-Houphouët, est un observateur qualifié de cette époque. D’ailleurs, son expertise lui vaudra d’être désigné comme envoyé spécial français aux premières discussions de Lomé qui suivront le coup d’État du 19 septembre 2002.

A lire prochainement : Qui est Dominique Folloroux OUATTARA, la véritable Présidente de Côte d’Ivoire ? La Trahison (Suite et fin) 

Version imprimable Version imprimable | Plan du site
contact.direct@echos-confidentiels.info