Echos confidentiels
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Qui est Dominique Folloroux OUATTARA, la véritable Présidente de Côte d’Ivoire ? (suite et fin)

Nous avons décidé de naviguer dans le passé de Dominique Folloroux OUATTARA, l’ogre insatiable qui a fait  main basse sur la Côte d’Ivoire. 

 3e partie : La trahison morale

Pour Dominique Folloroux, il est temps de consolider ses acquis. Alassane Ouattara à la primature, elle doit sceller définitivement leur relation. Les proches du Président se souviennent du moment où le Premier ministre est venu solliciter leur aide pour annoncer au Vieux qu’il allait se marier avec Dominique. Finalement Houphouët-Boigny se rend à l’évidence. Le mariage est célébré le 24 août 1991 à la mairie du XVIe arrondissement de Paris par un adjoint du maire qui se fait excuser. Le Vieux y dépêche, en observateur, son fidèle Laurent Dona-Fologo qui lui fera un rapport circonstancié de la cérémonie et des invités.

Car pendant ce temps, à Abidjan, Houphouët-Boigny vit quelques jours en reclus, sans doute pour ruminer sa riposte que la maladie l’empêchera de mener à bien. Contrairement à une rumeur persistante, ce n’est donc pas à Neuilly que les Ouattara ont convolé avec la bénédiction du maire de l’époque, Nicolas Sarkozy. Néanmoins la liste des invités, au premier rang desquels figure Martin Bouygues, ne laisse aucun doute sur le niveau des liaisons parisiennes du nouveau couple. Surtout que Dominique, désormais Ouattara, sait elle aussi entretenir ses réseaux.

Comment se faire des amis

Dans le même entretien où il dénonce les méthodes peu orthodoxes d’une certaine droite française pour faire prévaloir sa vision des choses en Afrique, le député François Loncle reconnaît que dans son propre camp les Ouattara ont su également se faire connaître et apprécier. Écoutons-le :

« Au sein du Parti socialiste (PS) le couple Ouattara a mené un lobbying absolument considérable. Madame Ouattara, qui est d’origine française et qui a beaucoup d’amis, beaucoup à droite et à gauche, a fait un travail absolument énorme de lobbying. Petit à petit, elle a convaincu un certain nombre de députés socialistes, je pense à Dominique Strauss-Kahn et d’autres, Laurent Fabius, qu’Alassane Ouattara, c’était l’avenir et que Laurent Gbagbo devait partir.

Et, donc, le PS s’est divisé à partir de ce lobbying. Je dois dire que dans la communication, en général, Laurent Gbagbo a été très faible et n’a pas eu les relais suffisants.

C’est une question de moyens et madame Ouattara a une fortune colossale. Elle est intelligente, très active, très politique, et elle a fait ce qu’il fallait. Et, malheureusement, un certain nombre de socialistes sont tombés dans le panneau. Voilà, c’est aussi simple que ça. C’est une question de moyens, d’argent, hélas. Ensuite, elle a profité de ce que j’appelais l’ignorance abyssale sur les questions africaines de la part d’un certain nombre de socialistes. »

Un point, un trait, comme disent les Ivoiriens !

Un ascendant décisif

Sans sa rencontre avec Dominique Folloroux, Alassane Ouattara serait aujourd’hui un haut fonctionnaire international à la retraite, donnant éventuellement des conférences lucratives, comme savent le faire de si nombreux experts vendant leur expérience professionnelle soi-disant incomparable à des publics qui s’imaginent devenir plus intelligents en les écoutant.

Avant l’improbable hasard de Dakar, rien ne prédispose le futur couple à se rencontrer. La jeune femme qui suit son vieux mari, sans doute déjà animée d’une ambition dévorante qui ne peut s’accommoder trop longtemps d’un correcteur de copies, s’investit corps et âme dans le milieu politique ivoirien et ce, ironie du sort, grâce à une relation professionnelle de ce mari si peu considéré.

Après cette rencontre, qui peut imaginer qu’Alassane Ouattara aurait un destin présidentiel en Côte d’Ivoire ? Nous sommes en 1984, près de six ans avant la décision d’Houphouët-Boigny en faveur du gouverneur de la BCEAO. On a vu que c’est, sans doute, l’intervention décisive de Dominique Folloroux auprès du Vieux qui emporte la décision et fait d’Alassane le Premier ministre. Difficile de croire qu’elle a préparé ce moment depuis six ans. Elle a su, plutôt, profiter magistralement d’une situation opportune Son ascendant va s’exercer, à ce moment-là, à la fois sur le Président et son futur mari.

Une cible à abattre

Bédié, qui a eu l’occasion de la jauger tout au long de son ascension auprès du Vieux, sait que c’est elle qui, dans le couple Ouattara, représente le véritable danger. Il décide d’organiser une opération de communication destinée à détruire son image. Niamien N’goran, neveu de Bédié et également ministre des Finances, est chargé de fournir les très importants moyens financiers, et Ben Soumahoro va piloter le projet sous la forme d’un numéro spécial du journal de Tapé Koulou, Le National. Le journaliste de talent Ali Keita apporte même sa contribution en rédigeant certains articles.

L’attaque, d’ailleurs, est particulièrement féroce. Ainsi, sous l’appellation « Avant/Après », le journal orchestre une campagne de stigmatisation des changements de look effectués par Dominique Ouattara. Les intérêts en jeu doivent aujourd’hui être immenses pour que le souvenir de ces violences s’efface au profit d’une alliance entre les ennemis d’alors. Cette connivence ne doit cependant pas être exempte d’un sentiment de haine refoulée. Bédié est aujourd’hui le chantre du RHDP pour la réélection de Ouattara et Niamien N’Goran a été nommé inspecteur général d’État, un des postes clés de la haute administration ivoirienne.

Un tableau révélateur cruel

Le couple Ouattara a toujours cherché à s’appuyer sur la France pour assouvir son ambition. Ainsi, dans un entretien au journal La Croix, le 23 décembre 1999, sachant déjà, et pour cause, que les heures de Bédié sont comptées, Ouattara avance ses pions :

« J’en appelle donc aujourd’hui à la France qui a un rôle important en Côte d’Ivoire, par l’histoire, par la question des accords de défense, donc la sécurité de la Côte d’Ivoire, par la monnaie, le franc CFA. La France ne peut rester indifférente à la situation en Côte d’Ivoire. Il faut qu’elle fasse quelque chose. J’en appelle donc au président Chirac, au Premier ministre Lionel Jospin. Ces jours prochains, lors de mon retour à Paris – je suis actuellement à Libreville –, je rencontrerai le médiateur, Bernard Stasi. Je lui demande sa médiation en la matière avec les autorités ivoiriennes. »

Ironie du sort, c’est de la France que viendra un des coups les plus durs pour l’image si chèrement entretenue des Ouattara. Il est donné par son représentant officiel en Côte d’Ivoire. En effet, celui qui les recueillera, après le coup d’État manqué du 19 septembre 2002 à la résidence de France, n’est autre que l’ambassadeur de France à Abidjan, Renaud Vignal. Il a fait la connaissance du couple, le 21 novembre 2001, lors d’un entretien dans l’appartement parisien de Dominique Ouattara, dont nous avons relaté les singulières conditions d’acquisition. Dans un rapport confidentiel à sa hiérarchie, publié par Charles Onana dans son ouvrage Côte d’Ivoire – le Coup d’État[5], Renaud Vignal dresse un portrait sans nuances :

« 140, avenue Victor-Hugo, garde du corps français qui attend sur le trottoir ; 6e étage, maître d’hôtel, soubrette, vaste salon avec deux Picasso et trois Buffet ; mobilier cossu ; ADO costume trois pièces, décorations, tassé dans son vaste fauteuil ; Dominique Ouattara présente au début, qui revient pour la dernière demi-heure et qui monopolise la conversation : une association “Children of Africa”… le récent gala au Trocadéro avec “Jacques d’Orléans, Johnny Halliday, Ira de Fürstenberg, bref, le Tout-Paris…”

Commencée à 18 h 15, notre conversation, en plein ramadan, n’empêche pas le maître de maison, avant la rupture du jeûne, de faire honneur aux canapés de foie gras et de boire deux whiskies bien tassés. Couple nouveau riche, avec tous les signes du snobisme, apparemment heureux de vivre une vie facile entre l’avenue Victor-Hugo et la propriété de Mougins […]. Comme avec l’ex-président Bédié, le 17 octobre, après son retour au pays le 15 octobre, j’ai eu, avec “ADO”, le sentiment de me retrouver en compagnie d’un “homme du passé”. Mais, à la différence de Bédié, d’un dirigeant qui n’a pas encore, depuis un an, eu le courage, personnel et politique, de revenir au pays. Prisonnier qu’il semble être du confort de son “exil doré”. Qui m’a, in fine, parlé de son “retour”, sans indication de date, surtout pour me demander que la France, s’il revenait, puisse veiller à sa liberté de ressortir du pays, pour animer la société de conseil qu’il dirige à Paris. »

L’adage dit que la première impression est toujours la bonne. En un instant et en quelques lignes, l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire de l’époque brosse un tableau terriblement acide d’un couple qui aura piétiné toutes les valeurs pour assouvir une ambition sans limites. Et, à l’aune des arrestations arbitraires et des violences que Ouattara impose aujourd’hui à ses adversaires politiques, on est naturellement choqué de l’inquiétude qu’il affiche devant l’ambassadeur dans l’hypothèse d’un retour à Abidjan. Il ne médite sans doute pas assez le principe éthique : « Ne fais pas à autrui ce que tu n’aimerais pas que l’on te fasse ».

Une âme noire peu charitable

Dominique Ouattara pense être arrivée au sommet. Quel chemin depuis le barbecue dominical à son arrivée en Côte d’Ivoire ! Enivrée des parfums vénéneux d’une société factice, où se côtoient et se croisent les parvenus, les ambitieux au pouvoir éphémère et les demi-soldes, sous le regard dédaigneux des vrais riches, elle est devenue une sorte de madame Sans-Gêne moderne qui croit que tout s’achète et qu’il faut mépriser les petits pour oublier qu’on fut des leurs. Pour se donner bonne conscience, elle développe une association caritative insoupçonnable au bénéfice de l’enfance déshéritée africaine, Children of Africa, dont les galas voient défiler l’armée convenue d’une jet-set superficielle, et dont la finalité ultime n’a peut-être pas livré tous ses secrets.

« Napoléon perçait sous Bonaparte » selon Victor Hugo. Moins flatteur pour Dominique Ouattara, une âme noire qui se dévoile sous la militante de la charité, ce petit florilège : son « petit personnel » doit savoir se tenir à distance. Sa masseuse, quand elle se déplace à l’appartement parisien, doit emprunter l’escalier de service et ne pas accéder sans ordres aux pièces principales ;

si elle doit faire ses emplettes, comme à la boutique Escada du Faubourg Saint-Honoré, c’est à l’abri des regards, dans un magasin entièrement privatisé pour la circonstance ;
quand elle se déplace à l’église, comme une fois à Saint-Honoré d’Eylau, avenue Raymond-Poincaré à Paris, la circulation est déviée comme l’a expérimenté une ancienne ministre de la République qui, excédée par l’embouteillage, se verra répondre par un policier de service « que la présidente de la Côte d’Ivoire prie dans l’église »…

Même des partenaires comme ceux qui sont en charge de son image et de sa communication, souvent de grands cabinets parisiens rompus aux relations avec la classe dirigeante politico-économique, ne trouvent pas grâce à ses yeux. En 2000, après la chute de Bédié, quelques cadres de l’un de ces cabinets sont à Abidjan. Ils viennent peaufiner l’image d’Alassane dans la perspective d’une élection dont il sera, finalement, exclu. À l’heure de midi, dans la moiteur et la chaleur tropicale de la ville, ils se détendent à la piscine de l’hôtel. Avertie, Dominique Ouattara aura cette réplique sans appel : « Je ne paye pas des communicants pour qu’ils aillent à la piscine »…Ceux-ci le lui rendent bien et, en privé, leurs jugements de ses comportements sont féroces.

[1] Le 13 avril 1989, Dominique Folloroux crée AICI S.A. à Paris, avec un capital de 1 million de francs pour développer son activité à l’international. La répartition du capital montre qu’elle apporte à la création, avec ses enfants et sa sœur Véronique, 70 %, Alassane Ouattara et sa fille Fanta, 20 % et Bamba Vamoussa, 10 %. Ce dernier décèdera deux mois plus tard, le 19 juin 1993. Alassane est revenu du FMI en octobre 1988 pour succéder à Abdoulaye Fadiga qui vient de mourir. Il semble bien que la relation avec Dominique est restée forte, depuis leur première rencontre dakaroise en 1984, avant son départ pour Washington, pour qu’il soit dès son retour, et avec sa fille, associé à une société familiale des Folloroux...

[2] Pour pallier la crise économique qui secoue le pays, le Président est poussé par le FMI et la Banque mondiale à réaliser des ajustements structurels.

[3] Phibro où émargeaient Anthony Ward et Derek Chambers. On a vu qu’Anthony Ward va créer, plus tard, le groupe Armajaro qui jouera un rôle décisif dans la crise ivoirienne.

[4] Du nom du ministre des Finances Moïse Koffi Koumoué qui, en fonction d’octobre 1989 à novembre 1990, échoue dans sa mission de redressement de l’économie. Cet échec précipite la décision d’Houphouët-Boigny de nommer un Premier ministre de fait (de quoi s’agit-il ?), ce qui se concrétise le 18 avril 1990 avec la nomination de Ouattara à la tête du Comité interministériel.

Chapeaux et titres :  Echos Confidentiels

Sources : "Les Ouattara. Une imposture ivoirienne"  Bernard Houdin

 

Qui est Dominique Folloroux OUATTARA, la véritable Présidente de Côte d’Ivoire ? (1ere partie)

 

Qui est Dominique Folloroux OUATTARA, la véritable Présidente de Côte d’Ivoire ? (2e partie)

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Documentation

Décision du Conseil Constitutionnel du 22 décembre 2010 relative à la prestation de serment par écrit de Monsieur OUATTARA Alassane
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Le Rapport complet de la CNDVR
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